Un salon d'accueil chichement décoré à la manière d'un petit bar de quartier, assorti d'un comptoir derrière lequel deux personnes nous accueillent d'un : "bonsoir" relativement aimable.
Les vestiaires:quelques armoires de métal, deux tabourets recouverts de tissu dont la couleur est incertaine, une corbeille en osier pour le linge sale, des murs qui auraient besoin d'un bon coup de peinture composent le décor.
Pas très engageant tout ça... ..
Déshabillés et enroulés dans nos serviettes propres (seul point positif sur lequel nous puissions insister) , nous descendons un escalier vers les installations: une odeur aigrelette flotte...
Presque au bout d'un couloir mal éclairé aux murs d'un revêtement incertain, et aux couleurs plutôt passées l'odeur se fait plus forte, plus désagréable aussi.
Les "douches". Une odeur de moisissure nous saisit. Et pour cause: les murs et le sol autrefois revétus de pâte de verre blanche de piscine sont aujourd'hui complètement lépreux. Les deux tiers des carreaux ont disparu et le ciment retient les impuretés et les algues microscopiques qui s'y forment, dégageant une odeur âcre de moisi.
Le sauna: Il est correct. Sans plus.
Le jacuzzi: au moins l'eau y est chlorée.... A défaut d'y être très chaude. Il est entouré d'un miroir au tain en décomposition et les murs sont dans un état de en décrépitude assez avancée.
Le hammam est digne des plus exotiques souks du vieux Caire et l'on ne peut y séjourner qu'en prenant soin de poser à peine le bord de ses fesses sur les banquettes de béton. Les effluves d'eucalyptus ne peuvent là encore masquer les odeurs qui se dégagent des moisissures ayant envahi les angles des murs.
Les coins calins de cette cave mal reconvertie sont à l'avenant du reste. Des cabines de troisième classe d'un bateau du 19e siècle, telles qu'on du en fréquenter les émigrants irlandais vers les Etats Unis. Ou alors les restes d'un vieil hôtel de passe pour marins? Il est vrai que nous sommes tout près du port...
En bref un endroit des plus pittoresques pour qui veut se replonger dans les souvenirs d'un voyage au coeur d'un pays du tiers monde mais surtout un concentré de laideur et de manque d'hygiène inadmissible pour un lieu prétendûment libertin. |